Par Pierre-Yves

180 jours avant le départ

Je suis à moins de six mois de mon départ vers l’appalachian trail, cela fait pratiquement un an que je vis avec cette ambition de compléter cette aventure, où j’en suis dans ma préparation?

Financièrement j’ai atteint mon objectif, j’ai économisé le montant que je m’était fixé pour le départ – les mois à venir serviront à me faire un coussin pour le retour et les projets futurs. Côté matériel je suis à l’aise avec mes choix, j’ai amélioré quelques petites choses (filtre Sawyer squeeze vs Sawyer mini, poches à eau Evernew) et je dois en acheter d’autres (mes pantalons de pluie ont lachés par exemple) – je devrais publier une liste de matériel avec le pourquoi de mes choix sous peu. Seul bémol au tableau ma tente, elle est efficace (testée en Gaspésie) mais son design « single-wall » amène de la condensation et j’ai peur de mouiller mon sac de couchage… j’ai quand même décidé de partir avec et si cela ne fait pas je n’aurai qu’a m’acheter un modèle « double-wall » en chemin. Logisitiquement je me sens prêt à affronter les défis de la vie en backpacking, mes randonnées de pratique m’ont mises en confiance de ce côté. Mentalement je me sens prêt, je sais que cela ne sera pas toujours facile, qu’il y aura des moments de doute, que je voudrai probablement abandonner quelques fois mais je sais que je suis capable de surmonter les épreuves, qu’il faut accepter que parfois l’on avance moins vite que prévu et je comprend maintenant l’ampleur d’un objectif à long terme (merci entraînement pour le marathon)!

Bref je me sens confiant, maintenant reste à apprécier mon confort actuel avant que l’aventure ne commence!

Marathonien

Dimanche passé vers onze heure trente j’ai franchit la ligne d’arrivée de mon premier marathon à Québec, moins de quatre heures avant je commençait mon parcourt à Lévis. J’ai vu le pont de Québec tout petit au loin, je suis monté pour le rejoindre, je l’ai traversé et je l’ai laissé derrière pour me diriger vers la gare du palais, comme en randonnée j’ai traversé les paysages. Pour cet évènement je me suis entraîné pendant plus de six mois, six mois c’est long et c’est en plein le temps que je passerai sur le sentier l’an prochain, je commence à avoir une petite idée de l’ampleur du défi qui m’attend.

J’ai frappé le mur au kilomètre trente cinq, ma stratégie de dix minutes de course une de marche à pris le bord à ce moment pour se transformer uniquement en marche à la vue d’une dernière mini-côte, puis d’une pause aux toilettes. J’ai reprit ensuite mon courage et en étant physiquement tout aussi difficile j’ai continué sans musique avec seul encouragement ma tête me disant de ne pas lâcher pour le reste du parcourt. Ce fut les cinq kilomètres les plus difficiles de ma vie, sur le dernier je pleurait autant de joie d’y être arrivé que de souffrance physique. Je ne sais pas quels seront mes murs l’an prochain mais il est certain que j’en rencontrerai, je pourrai penser dans ces moments que je suis au kilomètre trente cinq de mon marathon.

On dit que de courir un marathon est facile comparé a s’attaquer à l’appalachian trail, si la partie physique comporte des défi similaire c’est la partie confort qui difère. En tout cas je peux dire que j’ai grandement apprécié un bon bain, un toit et de la nouriture abondante suite à cet effort immense  – c’est facile pour le mental dans ces occasions. Maintenant je sais que je peux accomplir de grands défis et j’espère que compléter l’appalachian trail fera partie de ceux-ci.

Mont Nicol-Albert au mont St-Pierre

Deux semaines à marcher sur le sentier m’ont définitivement fait tomber en amour avec le backpacking, je ne peux même pas immaginer l’ampleur qu’aura six mois de marche sur le restant de ma vie.

J’ai l’impression d’avoir vécu deux ans en quatorze jours, j’ai vécu les 96 premières heures en totale solitude (ça rend sociable lorsque l’on croise finalement quelqu’un), j’ai affronté le froid (oui oui il fait froid sur les montagnes en Gaspésie en juillet), la pluie, la misère d’être mouillé et j’ai contemplé les splendeurs des paysages.  Randonner a le pouvoir de nous faire osciller entre le découragement et l’émerveillement total – toutes les émotions vécues sont difficiles à traduire en mots si l’on a pas vécu ces moments.

J’ai expérimenté les aspects de la longue randonnée : l’odeur nauséabonde qui te suit partout (lire sentir son odeur de pieds en étant debout), l’apétit sans fin qui te fait expérimenter des recettes de gruau-chocolat-guimauve-parmesant-beurre d’arachide (faut dire qu’à la base du gruau sa goûte pas vraiment), se faire donner de la nouriture fraiche après quatre jours de sec (le trail magic existe), faire du pouce après avoir raté notre navette, se réapprovisionner à l’épicerie du village et faire son lavage dans le bain du motel. Suite à ces expériences j’ai eu l’impresssion d’avoir vécu ce que j’avais à vivre sur l’appalachian trail et j’ai remis en doute mon projet… j’ai fait des nouveaux plans pour ma sabbatique mais le spectre de l’AT est revenu en force et j’ai dit OUI une seconde fois en mon grand projet (tsé la virée des parcs nationaux américain ça se fait bien mieux en famille qu’un thru-hike).

Les Dieux des montagnes ont étés très clément avec moi, suite à la pluie au mont Nicol-Albert j’ai put admirer la vue au bonhomme en étant au dessus des nuages (un fantasme personnel qui ne s’était jamais réalisé), au Mont Logan j’ai put admirer les paysages juste avant que la pluie commence suite à mon arrivé au refuge, j’ai vu le soleil se coucher sur la côte-nord seul au Pic de l’aube et en sortant du parc au mont Jacques-Cartier la vue qui était embrumée depuis le matin s’est complètement dégagée juste avant notre descente me permettant de voir une dernière fois Logan à l’horizon et me permettant de comprendre l’ampleur de ce que je venait de réaliser.

Pourtant tout ça n’est rien comparé à ce que j’ai vécu le matin que j’ai franchit le mont Albert. Cette montagne je croyait la connaître, dans ma jeunesse je l’ai monté au moins deux fois et en tant qu’adulte j’en ai fait le tour deux autres fois, pourtant c’est totalement différent en longue randonnée. En montant dans la forêt ce matin là j’ai sentit la présence de la montagne, et moi qui est totalement vendu aux bâtons de marche, j’ai cessé de les utiliser par respect de l’énergie que j’ai ressentit. J’ai continué de monter et l’immense plateau de serpentine (roche de couleur rouille) s’est offert à ma vue – déjà là j’absorbait la grandeur de la montagne qu’une rando du côté nord ne nous permet pas de sentir. Le silence s’est fait dans mon esprit et je me suis mit à gravir peu à peu le restant de la montagne jusqu’au niveau du plateau. Rendu en haut, à quelques dizaines de mètres de moi, cinq jeunes caribous broutent et se déplacent joyeusement sans aucun égard à ma présence. Je reste là à les admirer pendant au moins dix minutes jusqu’à ce qu’il se décident de partir vers le plateau sud sans aucun empressement. Je continue ma progression et le plateau nord se découvre progressivement suivit du plateau sud, je suis en total émerveillement devant l’immensité brute de la montagne (ce que je n’ai pas ressentit aussi fort en passant sur le plateau nord) et j’arrive au bol avec « la vallée des roches » en face de moi – je viens de vivre un moment magique. Mon esprit retombe en mode normal et je retourne sur mes pas pour rejoindre mon partenaire de rando.

Mon voyage fut une expérience incroyable dont je me souviendrai longtemps, ces montagnes je les connaissait depuis longtemps mais maintenant elles sont devenues sacrées. J’ai appris à apprécier le moment présent, avancer pas à pas pour me rendre compte finalement qu’au bout de deux semaines, ces pas là m’ont ammenés des montagnes jusqu’au fleuve…

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250 jours avant le départ

Je suis maintenant officielement à mi-chemin entre le moment où j’ai pris ma décision de faire l’Appalachian trail et le moment où je serai actuellement sur le sentier, comment se passe ma préparation?

Mon plus grand changement depuis ma dernière mise à jour est que je suis présentement dans une nouvelle relation amoureuse. Dès notre première rencontre j’ai parlé de mon projet de partir plusieurs mois et je dois avouer que je suis totalement reconnaissant de l’accueil que j’ai eu face à cette aventure. Ma partenaire à beaucoup voyagée par le passé et je sens qu’elle comprend ce désir de partir, de se retrouver face à l’inconnu. Nous sommes toutefois conscient que ce sera probablement difficile d’être séparé pendant plusieurs mois, mais j’ai confiance que notre relation en sortira encore plus forte malgré les difficultés.

Côté entraînement je suis en route vers mon marathon, j’ai quelques petites douleurs ce qui laisse entrer des doutes et des peurs dans mon esprit… surtout que j’ai attrapé un solide virus qui m’a ralentit pour deux semaines sur mon plan d’entraînement. Mon demi-marathon à Ottawa s’est toutefois superbement déroulé et je commence à allonger peu à peu mes sorties longues. Je suis présentement en territoire inconnu côté distance et volume de course mais je garde le cap pour le Marathon des deux-rives.

Coté matériel beaucoup de nouveau, j’ai reçu et testé mon nouveau sac de couchage (Quilt de Enlightened Equipment) ma tente (Tarpent Protrail) mon sac à dos (Osprey Exos 58) et mon appareil photo (Panasonic LX100). Les gros achats sont fait et je considère mon kit quasi-complet mais je me laisse la possibilité de changer certains choix au fil de mes randonnées d’essai.

Parlant de randonnées d’essai je suis présentement en préparation pour une traversée du parc de la Gaspésie durant mes vacances. C’est mon premier « vrai » test physique-mental-matériel et cette aventure devrait donner le cap au reste de ma préparation. Prochaine mise à jour, après cette nouvelle aventure :)

Vallée Bras-du-Nord en avril

Six heures du matin enfoncé au plus profond de mon sac de couchage le soleil se réveille et moi aussi par la même occasion. Je n’ai aucune envie de sortir de mon cocon bien chaud car la veille je n’ai pas réussit à partir le foyer du refuge n’ayant amené ni papier, ni allume-feu – tant pis ce fut un test de confort, passé haut la main, pour mon kit dodo. Mon souffle produit de la buée, la nuit à été froide, mais je rassemble ce qu’il faut de courage pour aller déjeuner et un gruau chaud s’avère un excellent choix pour commencer la journée. Je multiplie ensuite les séries de jumping jack pour me réchauffer avant de remettre mes vêtements humides de la veille. Enfiler des bas froids et détrempés s’avère une épreuve, autant m’y faire car l’an prochain ce sera un évènement banal. Je sort dehors et je me rend compte que le froid à durcit la neige, j’en profite pour partir tout de suite car j’ai naivement laissé mes raquettes dans l’auto.

Dix heure trente, mon pied s’enfonce pour la première fois jusqu’au genou dans la neige, je suis sur un versant exposé au soleil. Mon allure ralentit considérablement car maintenant chaque pas en dehors de la piste devient incertain.

Onze heure quarante-cinq, mon ventre crie famine mais aux alentour il ni a qu’un tapis de neige. Dix minutes plus tard je repère une roche ou je vais m’installer pour diner. C’est les pieds dans la neige et un coin de rocher dans les fesses que j’engouffre mes tortillas au beurre d’arachide, le confort n’est pas au rendez-vous mais je réussis quand même à me faire sécher les orteils en pratiquant mes talents d’équilibriste. Disons que je ne m’attarde pas et je repars dès que je finit de manger. La progression est lente et comble de malheur je crois constament que je suis rendu plus loin que ce que je suis réellement, les 10,4km qui au matin semblaient presque rien s’avèrent difficiles.

Treize heure trente, j’arrive à la Yourte et je croise les premiers randonneurs en 24h, d’habitude plutôt réservé j’en profite pour faire un brin de jasette. Je me part un feu avec le bois qui ici est sec et ma volonté de pousser jusqu’à un refuge dans le bas de la vallée s’amenuise en même temps que la chaleur revient… Je suis fatigué mentalement et physiquement d’avoir marché dans la neige, je me repose, mange et profite de la tranquilité de l’endroit.

Je décide en soirée de ne pas réserver pour une autre nuit, la vie est belle, j’ai surmonté des difficultés avec brio, j’ai appris sur mon matériel, j’ai appris que c’est le sentier qui dicte l’allure et surtout je garde le goût pour les prochaines aventures.

Ce que j’ai appris sur 105km

Ma seule expérience en longue-randonnée est la Traversée de Charlevoix que j’ai accomplie l’été dernier. Malgré le fait que je dormais en refuge chalet ce qui me donnait un toit, de la chaleur et un sac à dos plus léger j’ai beaucoup appris, voici cinq des enseignements retenus.

La longue-randonnée et une randonnée d’un jour c’est différent

En randonnée d’un jour l’on va droit au sommet et l’on revient : marche, vue splendide, retour. En longue randonnée l’expérience est beacoup plus dans le chemin que dans la destination. Il y a des jours ou franchement il ni a pas de vue spectaculaire, il y a des jours ou la vue spectaculaire est dans la brume. Ça demande un recadrage des attentes, il faut apprécier les petites choses, les odeurs, les plantes, la lumière dans les sous-bois, les petits ruisseaux…. (jamais j’aurais cru aprécier un ruisseu) En fait c’est traverser des paysages au lieu de conquérir un sommet et des fois une vue dans les brumes c’est franchement joli.

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Randonner sous la pluie est ok

Oui tu fini trempé jusqu’à la moelle, oui tu marche dans ton jus de pied, oui tu fais des ampoules, oui tu as froid lorsque tu t’arrête de marcher mais à la fin de la journée tu arrive quand même à destination, tu dors quand même confortablement, tu fini par retrouver des bottes sèches quelques jours après et un babybel sous une pluie torrentielle c’est réconfortant pour le coeur ce qui m’amène au prochain point…

La nourriture devient une obsession

Premièrement il y à l’anxiété du nombre de calorie versus le poids avant le départ, ensuite on se rende compte que son trail-mix maison est franchement ordinaire après trois jours (et l’on en ramène), puis l’on se dit que l’on a pas amené assez de chocolat et de fromage, on se tanne de bouffer du sec jour après jour, l’on se met à fantasmer sur toute sortes d’aliments et il y a le retour à la civilisation où l’on tombe directement sur ce qui nous manquait et ça nous met indéniablement un sourire au visage.

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Les désagréments sont normaux

Chaque matin en descendant les marches du chalet j’avais l’impression d’avoir 80 ans, pourtant après vingt minutes de marche mon corps était redevenu fonctionnel. Les moustiques m’ont fait suer mais il m’ont aussi fait découvrir un amour inconnu pour le muskol. Une chiotte chimique c’est pas nécessairement jojo, mais quand tu as une vue sur la rivière Malbaie ça transforme l’expérience. Les castors qui innondent le sentier m’ont permis de me découvrir des talents accrobatiques avec mes batons de marche (question d’éviter de retremper mes bottes qui venait enfin de sécher). Et finalement la solitude un peu débilitante (partir seul pour la Traversée de Charlevoix est une expérience plutôt solitaire…) est vite oublié lorsque tu retourne à la civilisation (ma dernière interraction face à face remontait à trois jours avec deux employés de la SÉPAQ un peu surpris de me voir dans le parc des Hautes-Georges avant sa ré-ouverture officielle).

Un robinet est une technologie révolutionnaire

Franchement on ne s’en rend pas compte avant de partir pour les bois quelques jours mais de l’eau à volonté, potable de surcroit, avec un controle précis de température bien c’est juste « awesomely-amazing » !!! Sur ce je vous souhaite un paquet d’enseignements dans vos propres aventures.

400 jours avant le départ

Mon départ se raproche peu à peu, où en sont mes préparatifs?

Financièrement je mets un montant fixe à chaque paie dans mon compte épargne, j’avais un peu d’argent de côté au départ ce qui me donne un bon coup de pouce. Grosso modo j’ai économisé 60% du montant avec lequel je veut partir, comme il me reste plus d’un an et que je suis relativement économe je n’ai aucune inquiétude de ce côté. Le seul bémol est la valeur du dollar canadien par rapport à l’américain, s’il continue de chuter je devrai augmenter mes économies en conséquence.

Physiquement je continue simplement de me tenir en forme (course, ski de fond et un peu de rando) car il est trop tôt pour me concentrer sur un plan d’entraînement spécifique. Pour cet été j’ai prévu accomplir un marathon et je devrai augmenter mon intensité sur l’entraînement. Ma raison principale pour faire cette course est d’avoir un défi qui se prépare plusieurs mois à l’avance, une sorte d’entraînement à la persévérance 😉 J’ai évidemment beaucoup de rando de prévu autant pour tester mon corps que pour tester mon matériel complet.

Côté matériel il me manque deux gros morceaux soit ma tente et mon sac de couchage (j’ai mon idée sur ce que je veux mais ça implique des coûts assez importants). Il me manque également un matelas de sol car mon expérience de cet automne sur un simple matelas de mousse n’a pas été concluante!!! J’expérimente avec mon nouveau réchaud (MSR Micro Rocket) en parallèle avec des réchauds fait maison à alcohol (comme pour la fondue chinoise) et pour l’instant je n’ai pas de préférence claire. Je gagne aussi peu à peu en confiance avec mon système vestimentaire multicouche, mais j’ai encore cette peur d’avoir froid qui me trotte derrière la tête…

Finalement pour rendre possible cette aventure deux bonnes nouvelles : mon congé sans solde à été approuvé au travail et mon propriétaire m’a assuré qu’il me ferait une cession de bail lorsque je le demanderai à la condition de trouver un locataire pour prendre le relais. Sur ce aux prochain 100 jours de préparation!

Questionner le rêve américain

Quand j’avais vingt ans j’avais peur de la trentaine : maison, enfants, travail et couple dans lequel l’on est pas nécessairement heureux. J’y suis maintenant avec un emploi stable et si je ne m’était pas mis dans la tête ce projet de fou qu’est l’Appalachian Trail, la prochaine étape logique est de devenir propriétaire (car disons le pour le couple et les enfants ce n’est pas encore ma réalité). En tout cas c’est ce que ma banque veut car elle m’envoit ce genre de publicité.

Guide Maison

Personnellement je ne veux pas devenir propriétaire simplement parceque « je suis rendu là dans ma vie », j’ai le goût de me garder la possibilité de prendre huit mois sans solde pour vivre un rêve que la plupart repoussent à leur retraite. J’ai le goût que mon choix de ne pas vivre avec une hypothèque et des dettes me permettent la liberté de réaliser ce genre de projets. En fait j’aime bien le principe de prendre ma retraite à petite dose tout au long de ma vie d’adulte responsable, à quoi bon repousser mes projets uniquement à mes vieux jours. Je crois que pour bien vivre sa vie il faut questionner les barèmes de notre société et se permettre de les dépasser lorsque l’on en ressent l’appel.

J’ai quand même mon côté plus conventionnel, j’ai le désir de fonder une famille et le fait de ne pas en avoir facilite ma décision  de partir. C’est une bénédiction et un sort simultannément (a blessing and a curse) et mes kilomètres sur le sentier seront emplit de réflexions sur ce sujet (comment le faire à ma manière, le faire d’une manière qui me rendrait fier dix ans plus tôt avec tous mes idéaux). Je ne sais pas si le chemin me donnera toute les réponses mais j’ai l’audace de croire qu’en suivant ce projet, l’univers me fera croiser la bonne personne soit avant, pendant, ou après mon périple pour vivre cette nouvelle aventure…