Vallée Bras-du-Nord en avril

Six heures du matin enfoncé au plus profond de mon sac de couchage le soleil se réveille et moi aussi par la même occasion. Je n’ai aucune envie de sortir de mon cocon bien chaud car la veille je n’ai pas réussit à partir le foyer du refuge n’ayant amené ni papier, ni allume-feu – tant pis ce fut un test de confort, passé haut la main, pour mon kit dodo. Mon souffle produit de la buée, la nuit à été froide, mais je rassemble ce qu’il faut de courage pour aller déjeuner et un gruau chaud s’avère un excellent choix pour commencer la journée. Je multiplie ensuite les séries de jumping jack pour me réchauffer avant de remettre mes vêtements humides de la veille. Enfiler des bas froids et détrempés s’avère une épreuve, autant m’y faire car l’an prochain ce sera un évènement banal. Je sort dehors et je me rend compte que le froid à durcit la neige, j’en profite pour partir tout de suite car j’ai naivement laissé mes raquettes dans l’auto.

Dix heure trente, mon pied s’enfonce pour la première fois jusqu’au genou dans la neige, je suis sur un versant exposé au soleil. Mon allure ralentit considérablement car maintenant chaque pas en dehors de la piste devient incertain.

Onze heure quarante-cinq, mon ventre crie famine mais aux alentour il ni a qu’un tapis de neige. Dix minutes plus tard je repère une roche ou je vais m’installer pour diner. C’est les pieds dans la neige et un coin de rocher dans les fesses que j’engouffre mes tortillas au beurre d’arachide, le confort n’est pas au rendez-vous mais je réussis quand même à me faire sécher les orteils en pratiquant mes talents d’équilibriste. Disons que je ne m’attarde pas et je repars dès que je finit de manger. La progression est lente et comble de malheur je crois constament que je suis rendu plus loin que ce que je suis réellement, les 10,4km qui au matin semblaient presque rien s’avèrent difficiles.

Treize heure trente, j’arrive à la Yourte et je croise les premiers randonneurs en 24h, d’habitude plutôt réservé j’en profite pour faire un brin de jasette. Je me part un feu avec le bois qui ici est sec et ma volonté de pousser jusqu’à un refuge dans le bas de la vallée s’amenuise en même temps que la chaleur revient… Je suis fatigué mentalement et physiquement d’avoir marché dans la neige, je me repose, mange et profite de la tranquilité de l’endroit.

Je décide en soirée de ne pas réserver pour une autre nuit, la vie est belle, j’ai surmonté des difficultés avec brio, j’ai appris sur mon matériel, j’ai appris que c’est le sentier qui dicte l’allure et surtout je garde le goût pour les prochaines aventures.