Sur l’échec (cette chose dont on ne parle pas)

La traversée complète de l’appalachian trail en une anné a un taux de réussite entre 25% et 35%. Lorsque l’on annonce nos intentions de parcourir le sentier, un échec qui est statistiquement très probable, est souvent « l’éléphant dans le coin de la pièce » que l’on n’ose pointer du doigt. Explorons les principales causes qui pourraient faire dérailler mes plans.

Les blessures

Présentement je me remet d’un mal de dos, je fais mes exercices, je consulte ma chiro et je respecte mes limites. En même temps rien de tout ça ne me prépare réellement à randonner jour après jour avec ma vie sur mon dos. C’est à ce jour ma plus grande crainte, celle qui pourrait causer un abandon hâtif – espérons que tout se passe pour le mieux pour moi.

Ensuite, après quelques semaines de marche, le spectre des tendinites et autres blessures d’usure peut entrer en jeu, il est impératif d’écouter son corps, de ralentir au besoin et de ne pas oublier de se reposer. Ça devient alors un jeu d’équilibre entre enchaîner plus de kilomètres et se donner le temps pour récupérer. Je compte bien être vigilant sur ce point.

Les maladies

Gastro explosive, maladie de lyme, giarda – trois choses que tout randonneur redoute lors d’une expédition. L’arme principale pour les combatre est la prévention (se laver les mains, traiter son eau, surveiller les tiques). Parfois guérir ne prend que quelques jours et ne fait que retarder la randonnée mais les symptômes s’ils sont plus graves peuvent obliger un abandon.

L’argent

Le manque d’argent est souvent une cause d’abandon lorsque tout le reste va bien, cela en fait la raison la plus crève-coeur pour quitter le sentier selon moi. Disons tout simplement que j’ai fait mes devoirs de ce côté et que ce ne sera pas mon épreuve pour ce périple.

Le « mental »

Après quatre jours sous la pluie, des ampoules douloureuses aux pieds, des sommets sans vues suite à des montées impitoyables, de la nouriture en quantité inssufisante et une invasion de moustique il est à parier que le goût de retourner à la civilisation se fera sentir. Bref, c’est le kilomètre 35 d’un marathon, le « mur ». Pourtant si l’on continue d’avancer le bonheur de franchir la ligne d’arrivée dépasse largement l’inconfort du moment. Il ne faut jamais oublier qu’après la pluie, vient le beau temps.

La course a été pour moi mon entraînement à la persévérance, grâce à mon expérience j’ai un point de référence pour relativiser les difficultés du moment dans l’ensemble du défi. Je crois qu’elle me donnera les outils nécessaires pour atteindre le mont Katahdin et j’ai l’audace de croire que je le ferai avec le sourire! Je me sens prêt à affronter ce qui deviendra mes épreuves et en cas de doute je peux toujours faire référence à mes listes pour me donner du courage.

 

J’aimerais conclure en disant qu’oser affronter ses plus grands défis comporte toujours une part d’incertitude et la possibilité de se « casser la gueule », mais l’alternative de ne rien faire n’amène que des regrets.  Au final le plus grand échec n’est pas d’abandonner avant la ligne d’arrivée mais bien de n’avoir jamais mis les pieds sur la ligne de départ. Et ça je compte bien le faire mardi prochain!